Paisible…

Ce qui compte uniquement, c’est que chacun porte en soi la boule de verre et en protège l’air raréfié. On respire bien dans la sphère, paisiblement aussi, puisque l’air est pur et qu’on y est seul. Il n’y a que les fripons et les déments pour désirer qu’elle s’accroisse jusqu’à devenir une prison pour tous. Le sage la surveille, afin qu’il puisse toujours la prendre en main ; et s’il lui permet, pour s’amuser, de se dilater et de grandir un peu, il n’oublie jamais qu’elle doit se rapetisser à nouveau et se retrouver dans sa main avant qu’il ne s’en détourne pour s’occuper de choses plus ordinaires.

Le Territoire de l’homme: réflexions 1942-1972